Face à face : les visions opposées du live entre Paul McCartney (Beatles) et Bob Dylan

Face à face : les visions opposées du live entre Paul McCartney (Beatles) et Bob Dylan

Entre respect sacré et incompréhension totale, Paul McCartney se confie sur la liberté insolente de Bob Dylan, capable de réinventer ses classiques au point de les rendre méconnaissables.

Même les plus grandes icônes ont leurs moments de solitude en concert. C'est ce qu'a avoué l'ex-Beatle Paul McCartney lors d'une interview riche en anecdotes. Malgré une amitié qui dure depuis les années 60, "Macca" reconnaît que les performances de Bob Dylan sont parfois un défi, même pour un expert comme lui.

Sur scène, Bob Dylan est connu pour déstructurer ses morceaux, changeant les tempos et les mélodies au gré de ses envies. Une liberté qui laisse parfois McCartney sur le carreau :

"J’ai assisté à quelques concerts de Bob, et honnêtement, je n’arrivais pas à dire quelle chanson il jouait. C’est un peu fort, parce que je connais son répertoire !"

Si Dylan préfère l'exploration quitte à perdre ses fans, McCartney, lui, reste un défenseur de la setlist généreuse. Pour lui, un concert est un contrat avec le public :

"Je pense qu’on pourrait jouer des chansons que les gens ne connaissent pas… Mais ils ont payé beaucoup d’argent. Je comprends qu'il ne veuille pas jouer 'Mr Tambourine Man', peut-être qu’il en a marre... Mais moi, j’aimerais l’entendre. Et j’ai payé !"

Le bassiste des Beatles voit dans des hymnes comme Hey Jude un pouvoir rassembleur que peu d'autres choses possèdent aujourd'hui, capable de réconcilier des foules aux opinions radicalement opposées le temps d'un refrain.

Malgré ces approches divergentes, l'admiration entre les deux géants reste intacte. McCartney confesse d'ailleurs une certaine fascination, voire une pointe de jalousie, pour le détachement total de l'Américain vis-à-vis de son propre héritage :

"Parfois, j’aimerais être un peu plus comme Bob. Il est légendaire... et il s’en fout ! Mais je ne suis pas comme ça."

Deux écoles, deux vibes, mais une seule et même histoire : celle du rock qui, soixante ans plus tard, continue de faire parler les légendes.