Côté pile, le long-métrage balance la sauce dès les premières minutes. Les séquences de concerts et les reconstitutions de tournées sont d'une efficacité redoutable, plongeant le spectateur dans la fureur des shows live. On y retrouve une bande-son iconique qui enchaîne les tubes à un rythme effréné, servie par des chorégraphies ultra-fidèles qui rappellent pourquoi l'artiste a retourné la planète. C'est un hommage vibrant à son génie artistique, capable de restituer toute l'énergie brute d'une bête de scène à travers une ambiance scénique immersive.
Au centre de cette machine de guerre, Jaafar Jackson crève l'écran. Le neveu du King livre une performance bluffante, ne se contentant pas d'imiter mais d'incarner véritablement son oncle. Sa maîtrise de la danse et sa présence scéniqueimpressionnante portent le film de bout en bout, offrant une intensité émotionnelle qui sauve les moments les plus académiques. C'est sans conteste la grande réussite du projet : une incarnation physique d'une justesse rare qui donne au film son ossature artistique et sa force d'attraction.
Pourtant, le tableau s'assombrit dès qu'on gratte sous le vernis de la production. La critique, particulièrement en France, déplore un résultat beaucoup trop lisse et une narration verrouillée. En choisissant de montrer une version idéalisée de la star, le biopic évite soigneusement de s'aventurer dans les zones d'ombre et les complexités de sa vie privée. Ce manque de prise de risque narrative transforme ce qui aurait pu être un portrait psychologique profond en un simple hommage musical un peu trop sage, restant désespérément en surface là où on attendait du relief.
Un show impérial pour les fans de la première heure, mais un rendez-vous manqué pour ceux qui espéraient voir l'homme derrière le gant.
Aaron MAI









