Le coup d’envoi du Land Of Hope And Dreams Tour dans le Minnesota n’a pas seulement fait vibrer les enceintes, il a surtout secoué les consciences. Avant même de plaquer le premier accord de la soirée, Springsteen a lancé un pavé dans la mare présidentielle en déclarant : « L’Amérique que j’aime, celle que je raconte depuis 50 ans, est aujourd’hui entre les mains d’une administration corrompue, incompétente, raciste, dangereuse et traîtresse ». En qualifiant ainsi le pouvoir en place, le rockeur a immédiatement placé cette série de concerts sous le signe de la contestation frontale.
Face à ce qu’il décrit comme une « période particulièrement sombre », où nos « valeurs fondamentales sont aujourd’hui mises à l’épreuve comme jamais auparavant », le Boss refuse la résignation. Son discours à Minneapolis a résonné comme un appel aux armes pacifique, exhortant le public à choisir « l’espoir plutôt que la peur, la démocratie plutôt que l’autoritarisme, la loi plutôt que le chaos, la résistance plutôt que la complaisance ». Pour lui, l'enjeu dépasse la simple politique : cette Maison-Blanche est en train de « saper l’idée même de l’Amérique et son image à l’international ».
Ce bras de fer n'est que le dernier chapitre d'un conflit de longue date, Donald Trump ayant déjà attaqué le patriotisme du musicien par le passé. Fidèle à ses racines, Springsteen réplique avec sa meilleure arme : la scène. Avec le titre inédit "Streets Of Minneapolis", dévoilé récemment, il prouve que sa musique reste le canal privilégié de sa colère. Plus qu'une simple tournée, ce périple devient un véritable engagement politique visant à protéger l'idéal démocratique auquel le chanteur est viscéralement attaché.
Le Boss a repris son poste de combat, et le rock'n'roll demeure son arme la plus tranchante.
Aaron MAI









