Paul McCartney boycotte les selfies : « Je ne veux pas me sentir comme le singe de Saint-Tropez »

Paul McCartney boycotte les selfies : « Je ne veux pas me sentir comme le singe de Saint-Tropez »

Marre de poser comme un produit de grande consommation. L'ex-Beatle Paul McCartney a tiré un trait définitif sur les autographes et les photos volées pour privilégier de vraies discussions de comptoir. À l'ère des smartphones rois, la légende du rock impose ses propres règles pour sauvegarder son authenticité.

Le ras-le-bol des gestes mécaniques

Cette décision radicale, qui remonte en réalité à 2021, a bousculé les habitudes des chasseurs de souvenirs. Lassé des rituels robotiques, l'ancien bassiste des Fab Four préfère désormais l'échange verbal aux clichés instantanés, lançant à l'époque : « Je ne signerai plus d'autographes et je ne prendrai plus de photos. Ne serait-il pas préférable de simplement discuter et d'échanger des anecdotes ? ». Pour lui, gribouiller son patronyme n'a plus aucun intérêt : « Vous connaissez tous mon nom et qui je suis, quel est l'intérêt d'écrire mon nom sur un bout de papier ou au dos d'un ticket de caisse ? ». Macca égratigne au passage la piètre esthétique des selfies à la chaîne, les décrivant comme « généralement une photo de mauvaise qualité avec un arrière-plan peu flatteur et ma tête un peu triste ».

Une question de survie psychologique

Aujourd'hui, à presque 84 ans, l'icône de la pop culture mondiale fait de ce refus une affaire de préservation psychologique. Échapper aux dérives de la starification permanente est une manière brute de rester fidèle à ce qu'il est. « Sur le plan psychologique, je n'aime pas le genre d'interaction qui repose uniquement sur le concept de célébrité »analyse le musicien, avant de préciser que « fixer des limites nous aide à rester authentiques ». Pour le rockeur, pas question de se laisser cannibaliser par son propre mythe : « Dès que je pense être quelqu'un d'autre que moi-même, je ne m'aime plus. Je veux juste être moi-même ».

Refuser le statut de bête de foire

Si aux débuts des Beatles, la course à la reconnaissance publique avait un côté excitant, admettant volontiers qu' « il n'y a rien de mal à vouloir du succès, de la célébrité, ou même de l'argent. Si vous avez un emploi, vous cherchez une promotion », l'évolution moderne dopée aux réseaux sociaux l'exaspère. Pour illustrer son refus d'être traité comme un objet d'exhibition, McCartney convoque une anecdote marquante des années 60 sur la Côte d'Azur : « Dans les années 60, à Saint-Tropez, des photographes amenaient un singe. Moyennant paiement, on pouvait se faire photographier avec lui. Je ne veux pas me sentir comme ce singe ». Désormais, sa ligne de conduite est claire et nette face aux fans : « Désolé, je ne prends pas de photos ».

Une véritable leçon de rock'n'roll attitude qui prouve que même au sommet de l'Olympe, on peut encore décider de rester maître de son existence et de son image.

A. MAI