AC/DC : Angus Young désigne le patron absolu du Panthéon Rock

AC/DC : Angus Young désigne le patron absolu du Panthéon Rock

Pour le gamin de Sydney, la messe est dite et le verdict est sans appel. Interrogé sur l'origine du rock, le guitariste légendaire d’AC/DC a pointé du doigt celui qui a tout inventé, confirmant que le hard rock n’est que le rejeton survitaminé de ses racines. Entre héritage brut et riffs de génie, retour sur la filiation spirituelle entre l'écolier le plus célèbre du monde et son maître à jouer.

Lors de son passage sur la BBC, au micro de l’émission The Rock Show With Johnnie Walker, l'éternel artificier du groupe australien n'a pas hésité une seconde : pour lui, Chuck Berry est le pilier central du temple. En rejoignant la célèbre analyse de John Lennon, qui affirmait que le rock aurait pu porter le nom de Berry, Young consacre l’inventeur de la "duckwalk" comme le guitariste le plus capital de toute l'histoire. Ce n'est pas qu'une question de notes, mais bien de cette alchimie révolutionnaire mêlant les racines du blues et du jazz pour forger l’énergie pure du rock 'n' roll. Une recette d'apparence élémentaire, mais dont l'efficacité demeure, encore aujourd'hui, le socle de chaque morceau qui cogne.

Le voyage d'Angus vers les sommets n'a pas débuté sur une scène en flammes, mais sur un banjo à six cordes bricolé, bien avant que sa mère ne lui offre sa mythique Gibson SG d'occasion. Installé à Sydney après avoir quitté l'Écosse en 1963, le jeune prodige a forgé son oreille dans un chaudron bouillonnant. À treize ans, l'électrochoc arrive avec le Purple Haze de Jimi Hendrix, suivi de près par la déflagration sonore des Yardbirds de Jimmy Page. Ces rencontres auditives, couplées à la présence scénique magnétique de Berry, ont transformé sa perception de l'instrument, faisant passer la guitare d'un simple outil à une véritable arme d'expression viscérale.

Loin du mythe du virtuose instinctif, Angus confie avoir construit son jeu dans l'humilité, épaulé par son frère Malcolm Young. Sans cette complicité fraternelle où Malcolm décortiquait les structures pour lui, l'aventure AC/DC n'aurait peut-être jamais vu le jour en 1973. Cette soif d'apprendre s'étendait même au-delà du rock, l'homme en short avouant avoir puisé son inspiration jusque dans les solos de trompette de Louis Armstrong. En désignant son « Dieu du Rock », Angus Young scelle le lien de parenté définitif : la puissance électrique d'aujourd'hui est le prolongement direct, sauvage et sincère, de la flamme originelle allumée par les pionniers.

Aaron MAI